Le DAPAP : parce qu’une bonne santé passe par le sport

Publié par Doriane Argaud, Aurélie Roux-Raquin, Sandra Winter le 24 novembre 2022
Thème

Seulement 31 % des habitants des quartiers de la politique de la ville pratiquent au moins 10 minutes d’activité physique dans la semaine, contre 49 % des habitants du reste de l’agglomération 1. Et l’écart se creuse davantage si on fait la focale sur les femmes. Les freins à la pratique d’activité physique sont pluriels et les plus tenaces concernent la régularité et la pérennité de la pratique.
Face à ces constats, l’Agence régionale de santé (ARS) et à la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l'engagement et aux sports (DRAJES) d’Auvergne-Rhône-Alpes ont créé un dispositif d’accompagnement vers la pratique d’activité physique, le DAPAP.

    Séance de Yoga dans un QPV
    © Labo Cités

    Un dispositif unique en France

    Déployé au sein des départements d’Auvergne-Rhône-Alpes par des associations de proximité, le DAPAP est soutenu conjointement par l’ARS et la DRAJES. Ce dispositif unique en France s'adresse aux enfants et aux adultes porteurs de maladies chroniques en affection de longue durée (ALD) ou présentant au moins un facteur de risque, comme l’hypertension artérielle, la surcharge pondérale ou l’obésité. Il peut également être proposé aux personnes âgées considérées comme fragiles. En outre, une attention particulière est portée aux personnes en situation de précarité socio-économique, parmi lesquelles les populations des quartiers prioritaires de la politique de la ville.

    Coaching sur-mesure

    L’objectif de ce dispositif créé en 2018 est de rendre la pratique d'activité physique adaptée pérenne, et régulière, en favorisant l'autonomisation des personnes. Le DAPAP facilite à la fois la prescription médicale de l’activité physique adaptée (si le médecin la juge utile) et l’orientation du patient vers les structures associatives locales dispensant cette activité.
    Ainsi, toute personne orientée par un médecin est accueillie par l’association porteuse du DAPAP. Le premier échange permet de compléter l’évaluation de ses capacités physiques, de déterminer les limitations fonctionnelles et de s’assurer de sa motivation. Un plan personnalisé d’objectifs est alors élaboré et, si besoin, un accompagnement individuel transitoire est mis en place. Le patient est alors orienté vers des activités physiques disponibles, adaptées à son profil et proches de son domicile grâce aux différents lieux d’accueil à travers le département. Un suivi est assuré pendant deux années, en lien avec le médecin prescripteur.

    Le DAPAP dans l’écosystème local du sport santé bien-être

    Les structures associatives porteuses du DAPAP 2 collaborent avec les filières de soins régionales (cancérologie, obésité, gérontologie…) pour promouvoir et organiser l’activité physique adaptée dans les parcours de soins, au plus près du domicile de chaque patient.
    Par ailleurs reconnues Maisons Sport Santé (MSS) par le ministère des Sports et des Jeux Olympiques et Para-Olympiques et le ministère de la Santé et de la Prévention 3, elles facilitent la mise en réseau des acteurs locaux investis dans le sport santé bien-être. 

    Pour finir, soulignons que le DAPAP incite les structures locales d'offre sport santé bien-être à s'inscrire sur l’annuaire régional du sport santé bien-être en Auvergne-Rhône-Alpes. Cet outil en ligne favorise les liens entre les professionnels de santé, les structures sanitaires, médicosociales et sociales et les entités qui proposent des activités physiques adaptées.

     


    1 Source : rapport annuel de l’ONPV 2019.

    2 Ain Sport Culture, le Comité départemental olympique sportif (Cdos) d’Ardèche, de la Drôme, de l’Isère, de la Loire, de Savoie, le DAHLIR.

    3 Les MSS (37 en Auvergne-Rhône-Alpes, en 2022) s'adressent au grand public pour promouvoir l’activité physique et réduire les comportements sédentaires.

    À propos de l'auteur

    Doriane Argaud, Aurélie Roux-Raquin, Sandra Winter

    Le Docteur Doriane Argaud est référente médical régional du parcours  «Nutrition Activité Physique, Obésité » à l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

    Aurélie Roux-Raquin est référente nutrition/alimentation/activité physique à la direction de la santé publique – pôle prévention et promotion de la santé de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

    Sandra Winter est médecin conseiller de la DRAJES Auvergne-Rhône-Alpes.

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